Le peuple contre le fascisme en Turquie

Le 28 novembre dernier la venue du leader du parti fasciste MHP (Parti d’action nationaliste) Devlet Bahceli à Tunceli a provoqué de sérieuses manifestations d’opposition.

Les contestataires ont rapidement été contrés par la police qui n’a pas hésité, comme à son habitude, à user du gaz lacrymogène et des fameux véhicules antiémeutes TOMA.

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B3iEzGsIcAAPIrTLes fascistes ont essayé de prendre la fuite à bord de leur mercedes

Le MHP a une sale histoire, fondé en 1969 sur l’initiative de la CIA en tant que contrepoids au communisme, ce parti prônant le nationalisme, le pan-turquisme et le cultue de l’islam se distingue par son cynisme sans borne. Les années 1970 était l’époque où le mouvement marxiste-léniniste s’étendait d’année en année et où le spectre de la révolution était de plus en plus vif. Par l’intermédiare de son obscur milice armée, les « Loups Gris », d’abord composée de jeunes endoctrinés lors des céminaires d’Alparslan Turkes, les fascistes turcs assassinaient les révolutionnaires et menaient des attentats contre les minorités. Les liens entre les Loups gris, les services secrets turcs et la CIA (bien implantée en Turquie) sont aujourd’hui avérés. La CIA leur transférait directement des armes et de l’argent dans le cadre de la « contre-guérilla » et recevaient un entraînement conséquent, quant au gouvernement turc il leur avait accordé l’immunité et leur faisait même une liste de personnes à exécuter. En décembre 1978 ils sont notamment impliqués dans le massacre de Kahramanmaras où les fascistes exécutent près de 1000 personnes en quelques jours sous prétexte qu’ils sont kurdes, alévis ou révolutionnaires (femmes, enfants, bébés, vieillards, personne n’y échappe…), l’armée n’intervient qu’après le massacre. En mai 1980 un ministre et un dirigeant du MHP est assassiné par des militants de la Gauche révolutionnaire (aujourd’hui DHKP-C), cette action est rapidement vengée par les terroristes fascistes en tuant lachement des dizaines de personnes dans un quartier alévi à Corum, encore une fois beaucoup de femmes et d’enfants. En septembre 1980 l’armée fait un coup d’Etat et l’idéologie du parti est au pouvoir, le mouvement révolutionnaire est sévèrement réprimé et se retrouve désorganisé. Dans les années 1990 c’est l’occasion pour les fascistes de revenir à la charge avec le renouveau du mouvement communiste et notamment de la lutte du PKK pour la liberté du Kurdistan (qui revendiquait également le léninisme), « mettez-moi au pouvoir et je creuserai la racine du terrorisme en un an » disait le leader du parti Turkes, les militants d’extrême-droite ont alors affermi leurs liens avec le gouvernement turc et ont trouvé un nouvel allié : la mafia, réputée être favorable à leurs idées moribondes.

Comme l’exemple turc le montre encore une fois « l’extrême-droite » a toujours été le chien de garde du système (et non des « loups virils » tel qu’ils aiment se reconnaitre !) en cas de risque de chamboulement social.

Sources : http://haber.sol.org.tr/turkiye/dersimde-bahceli-protestosu-polis-halka-saldiriyor-101810 – http://www.sabah.com.tr/gundem/2014/11/28/dersim-telakkuz-da-bahceli-dersime-gidiyor

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