A propos

« Nous sommes des socialistes. Cela signifie que nous sommes les ennemis de la propriété privée, qui désunit les hommes, les arme les uns contre les autres et crée une rivalité d’intérêts inconciliables, qui ment en essayant de dissimuler ou de justifier cet antagonisme, et pervertit tous les hommes par le mensonge, l’hypocrisie et la haine… Nous estimons que la société qui considère l’homme uniquement comme un moyen de s’enrichir est anti-humaine, qu’elle nous est hostile ; nous ne pouvons accepter sa morale hypocrite et mensongère, son cynisme et sa cruauté à l’égard de la personnes humaines nous répugne ; nous voulons lutter et nous lutterons contre toutes les formes d’asservissement physique et moral de l’homme employées par cette société, contre toutes les méthodes qui fractionnent l’homme au profit de la cupidité… Nous, les ouvriers, nous sommes ceux dont le labeur crée tout, depuis les machines gigantesques jusqu’aux jouets des enfants. Et nous sommes privés du droit de lutter pour notre dignité humaine ; chacun s’arroge le droit de nous transformer en instruments pour atteindre son but ; nous voulons avoir assez de liberté pour qu’il nous soit possible, avec le temps, de conquérir le pouvoir. Nos mots d’ordres sont simples : à bas la propriété privée ! Tous les moyens de production au peuple ! Tout le pouvoir au peuple ! Le travail obligatoire pour tous !…
Nous sommes des révolutionnaires et nous le serons tant que les uns ne feront que commander et les autres que travailler. Nous luttons contre la société dont on vous a ordonné de défendre les intérêts et dont nous sommes les adversaires irréductibles ainsi que de vous, et la réconciliation ne sera possible entre nous que lorsque nous aurons vaincu. Et nous vaincrons, nous, les ouvriers ! Vos mandataires sont loin d’être aussi forts qu’ils se le figurent. Ces biens qu’ils amassent et qu’ils protègent en sacrifiant les millions d’êtres qu’ils ont asservis, cette même force qui leur donne le pouvoir sur nous, provoquent parmi eux des tiraillements antagonistes et les ruinent physiquement et moralement. La propriété exige une trop grande tension pour sa défense, et, en réalité, vous tous, nos maîtres, vous êtes plus esclaves que nous ; ce sont vos esprits qui sont asservis ; nous, nous ne le sommes que dans nos corps. Vous ne pouvez pas vous affranchir du joug des préventions et des habitudes qui vous tuent moralement ; nous, rien ne nous empêche d’être intérieurement libres ; les poisons dont vous nous intoxiquez sont plus faibles que les contre-poisons que vous versez, sans le vouloir, dans notre conscience. Et cette conscience grandit, elle se développe sans cesse, elle s’enflamme toujours plus et entraîne après elle tout ce qu’il y a de meilleur, de moralement sain, même dans votre classe. Regardez : vous n’avez déjà plus personne qui puisse lutter idéologiquement au nom de votre puissance, vous avez déjà épuisé tous les arguments capables de vous protéger contre l’assaut de la justice historique ; vous ne pouvez plus rien créer de neuf dans le domaine des idées, vous êtes stériles intellectuellement. Nos idées à nous grandissent, elles s’allument avec toujours plus de clarté, elles s’emparent des masses du peuple et les organisent en vue de la lutte pour la liberté. La conscience du grand rôle de la classe ouvrière unit tous les ouvriers du monde en une seule âme, il vous est absolument impossible d’arrêter le processus de renouvellement de la vie, autrement que par la cruauté et le cynisme. Mais le cynisme est patent, et la cruauté irrite. Et des mains, qui aujourd’hui nous étranglent, serreront bientôt les nôtres en une étreinte fraternelle. Votre énergie, c’est l’énergie mécanique de l’augmentation de l’or, elle vous unit en groupes condamnés à se dévorer mutuellement. Notre énergie, c’est la force vivante de la conscience toujours croissante- de la solidarité entre tous les ouvriers. Tout ce que vous faites est criminel, car vous ne visez qu’à asservir les hommes ; notre travail libère le monde des fantômes et des monstres engendrés par votre mensonge, votre haine, votre avidité, et destinés à effrayer le peuple. Vous avez arraché l’homme à la vie et vous l’avez broyé ; le socialisme unit le monde détruit par vous en un seul tout grandiose, et cela sera ! » (discours de Paul, La Mère, Maxime Gorki, 1907)

7 commentaires pour A propos

  1. T-O dit :

    Bonjour, est-il possible d’avoir le texte ayant pour titre « le socialisme est nécessairement internationaliste » ? Je ne le retrouve plus sur votre blog…

    • Bonjour,

      J’avais temporairement mis cet article dans la corbeille et malheureusement je ne savais pas que 30 jours plus tard les articles de la corbeille se supprimaient automatiquement.

      Navré. 😦

  2. T-O dit :

    mince ! C’était un article génial !

  3. vivien dit :

    Bonjour,
    un article écolo anti-politiciens professionnels vendus au capital,
    http://www.agoravox.fr/ecrire/?exec=articles&id_article=165298
    veuillez le lire, et si l’article vous intéresse, voter en sa faveur, en indiquer le score,
    Cordialement
    Vivien

  4. Regali Kyrien dit :

    Je découvre votre blog avec plaisir, car en tant que communiste je pense que les attaques incessantes du capitalisme et de l’impérialisme américain n’ont laissé aucune chance à l’URSS de réaliser un véritable communisme, je suis horrifiée de voir que le PCF renie l’URSS en l’assimilant à Staline, et en outre j’ai l’impression d’être la seule à refuser de taper sur Israël à tout bout de champ. Même les mouvements dissidents tombent dans cette obsession. A propos de ce dernier point, j’aimerais bien savoir quelle est votre position à ce sujet, car pour moi c’est rédhibitoire. Certes c’est un pays ultra-capitaliste, mais quel pays ne l’est pas aujourd’hui ?

    • Bonjour et merci pour votre commentaire.

      A mon avis la question israëlienne fait partie intégrante de la lutte anti-impérialiste en général de nos jours. C’est un Etat fondé sur l’oppression du peuple palestinien et un vassal des USA.

      Excusez-moi pour cette réponse très tardive !

  5. Xuan dit :

    Salutations fraternelles,
    permettez-moi de vous signaler le site des Editions Prolétariennes :
    http://editions-proletariennes.fr/

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